Louis VAREILLE est une figure de l’alumni en France.

Cela fait une quarantaine d’années qu’il s’investit dans des réseaux alumni qu’ils soient d’école ou d’entreprise. Ainsi, il a été membre du bureau entre 2017 et 2019, puis Président du réseau d’anciens de Danone Afterdan jusqu’en 2022.

Louis, désormais réuniologue, a eu la gentillesse de nous accorder un entretien pour revenir sur son parcours, et nous faire bénéficier de son expérience.

 

Cela fait des années que vous êtes dans le milieu des alumni, de par votre formation ou expérience professionnelle. Pourquoi est-ce que ce sujet est important à vos yeux ?

D’abord, je dirais que je le fais pour moi-même : c’est un besoin que d’être dans un réseau, de faire partie d’un collectif et de le mettre en mouvement. Ensuite, je suis un grand promoteur d’inclusion, c’est-à-dire accepter tout le monde. Cela est en phase avec une nature profonde : je suis réfractaire à tout ce qui est confrontation ou agressivité.

C’est pour cela que j’aime les collectifs, dont les groupes d’alumni, dans lesquels tous tirent normalement dans le même sens !

Pour moi, c’est un terrain d’expression et de développement de mes passions et de mes appétences : cela fait 40 ans que j’anime et que je mets en mouvement des collectifs !

Si je devais répondre à la question à quoi sert un groupe d’alumni, je dirais que c’est une manière d’entretenir le souvenir et une proximité avec des gens dont on a partagé le quotidien pendant plusieurs années. C’est agréable pour tout le monde de se retrouver et de suivre les parcours des autres.

 

Comment faites-vous pour fédérer une communauté alumni au quotidien ?

La clé, c’est d’avoir un petit groupe d’acteurs pour piloter l’initiative. C’est l’un des fondamentaux, car dans un petit groupe (entre 5 et 8 personnes), il est possible d’avoir des compétences différentes, de bien se coordonner et voir travailler tout le monde. Au-delà, cela est compliqué, comme le dit Jeff BEZOS avec sa règle des deux pizzas.

Une deuxième idée consiste à mettre en place un système de réunions récurrentes très fréquentes, pour faire avancer les projets.
Pour une des associations que je préside, nous nous réunissons tous les mardis de 13h à 13h55.

Pour chaque projet, il faut qu’il y ait un chef de projet, idéalement membre du Bureau, et qui soit autonome pour constituer une équipe. Il doit avoir une connaissance intime des compétences de chacun dans l’équipe, afin que les tâches se répartissent de façon naturelle dans le groupe.

Aujourd’hui, je suis président de deux associations d’alumni.
Pour la première, nous organisons un week-end tous les 5 ans depuis 40 ans.

Pour la deuxième qui existe depuis 130 ans et qui compte aujourd’hui 1000 membres, nous avons la chance d’être reconnu d’utilité publique : l’association des anciens élèves et amis de l’École d’Alfort.

Nous avons une grande variété d’initiatives : du soutien aux étudiants (bourses et prêts), protection et conservation du patrimoine de l’école (restauration de livres ou de statues), une exposition de sculpture et des événements festifs.
Lorsque j’étais président des alumni de Danone, on organisait aussi des soirées bistrot, des conférences, des formations, etc.
L’important, c’est de trouver une diversité d’activités afin que chacun puisse y trouver son compte.

Un des risques dans les groupes d’alumni est que les membres n’y voient qu’un intérêt commercial ou bien strictement professionnel. Il existe alors un risque de tourner en rond et de passer à côté de la richesse de la diversité.

 

Est-ce que vous utilisez des outils particuliers ? Si oui, qu’est-ce qu’ils vous apportent ?

Oui, aujourd’hui, nous utilisons 3 outils :

Tout d’abord un site internet sur la plateforme assoconnect. Ce site nous permet de gérer la communication, l’annuaire, les cotisations et les événements. C’est un outil que j’ai rapidement mis en place quand je suis arrivé et qui est devenu central pour l’association.

Pour les activités du Bureau, nous utilisons des outils quotidiens comme Google doc afin de profiter de la co-édition de documents ainsi que WhatsApp pour la communication informelle.

 

D’après votre expérience, quels sont les meilleurs leviers de motivation pour faire en sorte que les anciens s’impliquent dans la communauté d’anciens ?

Pour motiver les gens qui travaillent et organisent les événements, il faut trouver des modalités de fonctionnement qui font que les leaders d’initiatives se sentent responsabilisés et soutenus sur les projets qu’ils portent. Et que leur engagement dans le collectif leur permette de se développer.

Pour ceux qui profitent des activités, il faut une grande diversité d’événements et d’initiatives afin que chacun s’y retrouve.

Encore merci à Louis VAREILLE pour cet échange dans lequel nous avons pu bénéficier de 40 ans d’expérience. N’hésitez pas à vous servir dans cette petite réserve de bons conseils si vous souhaitez développer votre communauté d’anciens ! Et si vous vous demandez encore pourquoi les Corporate Alumni peuvent favoriser la croissance de votre entreprise, voici un peu de lecture sur le sujet 😉

PS : N’hésitez pas à aller regarder le dernier livre de Louis : La Réunionite, ça suffit ! Les dix questions qui changent les réunions.