Nous avons eu la chance d’échanger avec Sarah Taleb, cheffe de projet attractivité des talents expérimentés chez Mazars. Dans cette interview, elle nous explique les tenants et aboutissants d’une politique de gestion des anciens salariés.

 

Mazars est une des premières entreprises en France à mettre en place une politique de gestion des alumni. Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous intéresser à vos anciens ?

Nous nous sommes rendu compte que la majorité des collaborateurs qui quittaient Mazars gardaient un sentiment d’appartenance assez fort et souhaitaient garder contact avec Mazars ou leurs anciens collègues.

Aujourd’hui le nombre de salariés boomerang est de plus en plus important. Un certain nombre de collaborateurs décident de partir vers d’autres horizons. Ils veulent découvrir un autre métier, une autre entreprise et souhaitent ensuite revenir chez Mazars quelques années plus tard.

Entretenir le lien avec nos anciens collaborateurs est aussi une manière de développer la croissance du cabinet. Certains quittent Mazars pour monter leur entreprise, lancer leur projet, développer une activité de freelance, d’une manière différente nous retravaillons avec eux.

Les alumni sont aussi de super ambassadeurs ! Des collaborateurs ayant apprécié leur expérience chez Mazars en parleront et pourront donner envie à d’autres personnes de rejoindre le cabinet.

 

Avez-vous constaté une évolution concernant ce phénomène de salarié boomerang ? Quels sont les avantages de travailler avec eux ?

Sans connaître les chiffres exacts, je peux affirmer que le nombre est en constante augmentation ! Ils connaissent l’entreprise, le fonctionnement, la culture d’entreprise, les outils, etc. Forcément, ils sont opérationnels plus rapidement et ont un sentiment d’appartenance à l’entreprise déjà important.

 

Aujourd’hui, quelles sont les actions concrètes que vous mettez en place pour maintenir le lien avec anciens salariés ?

Aujourd’hui, une newsletter est envoyée aux alumni et une grande soirée est organisée tous les deux ans. À partir de la rentrée prochaine, le dispositif sera beaucoup plus étoffé et un réel espace leur sera dédié. Cela passera par une animation du réseau plus importante, une communication accrue et un certain nombre d’événements proposés. Des formations, conférences, ateliers seront proposés afin de participer au développement de leur carrière. Des communautés seront créées et des événements networking organisés. Ainsi nous pourrons faire perdurer les liens entre les Alumni, mais aussi d’instaurer un contact entre les collaborateurs actuels et les alumni.

 

Pourquoi investir des ressources pour développer les compétences de personnes ayant quitté votre entreprise ?

Une personne qui souhaite découvrir une autre entreprise le fera de toute manière, autant l’accompagner dans cette transition ! Un ex-collaborateur mettra à profit ses compétences ailleurs et c’est très bien. Permettre de faire grandir ses ex-collaborateurs et les accompagner ne peut être que bénéfique et auront des impacts positifs pour les deux parties.

 

Utilisez-vous des outils pour vous assister dans cette démarche ?

Jusqu’à présent, nous n’étions pas suffisamment outillés et c’est pour cette raison que dès la rentrée prochaine, nous aurons un nouvel outil pour nous aider à gérer et animer notre communauté d’Alumni.

 

Est-ce que vous mesurez le succès de votre politique de gestion des anciens salariés ?

On fonctionne avec des KPI sur nos newsletters (ex : taux de clics), sur le nombre de personnes présentes aux événements, sur la satisfaction des participants à ces derniers. Avec notre futur outil, nous aurons des KPIS beaucoup plus développés. Par exemple, nous pourrons mesurer le nombre de salariés boomerang, de personnes qui ont été cooptées via le réseau alumni…

 

Pensez-vous que la gestion des corporate alumni ait un impact sur la marque employeur ?

Tout à fait, c’est un marqueur fort de garder un lien avec ses anciens salariés. Cela signifie que l’expérience du collaborateur s’est plutôt bien passée. Également que l’expérience a été formatrice et l’environnement agréable ! Si l’expérience se passe mal, il est plus compliqué de garder des liens avec les Alumni.

 

Est-ce que vous pouvez me parler de l’offboarding chez Mazars ?

Aujourd’hui l’offboarding a tout autant sa place que l’onboarding car c’est une étape importante pour le collaborateur. Lorsqu’un Mazarien quitte l’entreprise, il est important que la fin de son expérience se déroule au mieux. Ainsi, il peut rester en contact avec l’entreprise s’il le souhaite.
C’est important que les collaborateurs comprennent que ce n’est pas tabou de quitter une entreprise. Puis s’ils souhaitent revenir un jour, la porte sera ouverte. Une expérience au sein d’une entreprise est un passage plus ou moins long et il est important de laisser partir sereinement ses collaborateurs. Il faut garder en tête que vouloir expérimenter un nouvel environnement de travail ou un nouveau métier est tout à fait sain.

 

Est-ce que vous recommanderiez à une autre entreprise de lancer une politique de gestion des anciens salariés ?

Complètement, en tout cas nous, nous sommes convaincus ! Nous y voyons des impacts positifs pour les collaborateurs. Ils continuent de développer leur réseau et leur carrière professionnelle. Également pour l’entreprise, que ce soit côté business, recrutement ou marque employeur !

 

Merci encore à Sarah pour cet échange riche avec une vision positive des anciens collaborateurs. Si cet article vous a intéressé, on vous recommande celui qui traite de la bonne gestion d’un réseau alumni avec Louis Vareille.